L’arrière du CAS, originaire de Saint-Cyprien, est arrivé au CAS tout minot. Aujourd’hui, il fait partie des meubles.
Certains pourraient parler de trahison. Passer du SCAC au CAS, inimaginable ! Mais ça, c’était avant, lorsque les querelles de clochers animaient le folklore de l’ovalie locale. Enfant de Saint-Cyprien, Nicolas Testut a franchi le Rubicond, enfin la Dordogne, à l’âge de 14 ans. Treize ans plus tard, il est toujours là, fidèle au poste. « Ici, j’ai des potes. Il y a une bonne ambiance. »
Là dans les moments difficiles
Pourtant, tout n’a pas toujours été rose dans la cité de la Boétie. Quand « Dom » Einhorn, l’éphémère président du club a pris les commandes, Sarlat s’est tellement renforcé que les Sarladais se sont retrouvés à jouer en B. « Mais on a fait une belle saison, note le numéro 15, puisqu’on fait une demi-finale du championnat de France. »
Mis en examen, Einhorn a dû laisser le club. Ce fut l’hémorragie au sein de l’effectif. « En juin, on ne savait pas trop où on allait, confie Nicolas. Mais François Bourgeois (NDLR : l’actuel entraîneur) a fait un super boulot, en contactant des Sarladais qui étaient partis. Quant à nous, on ne pouvait pas partir. Si le club avait été bien, pourquoi pas, mais pas là ».
Un titre de champion
Résultat, onze mois plus tard, le CAS était sacré champion de France de Fédérale 3 pour sa 120e année. Un joli coup du destin. L’an dernier, les Cassistes ont été promus en Fédérale 1 et vont disputer les phases finales. Ils commencent dimanche, à la piaule, contre les Basques d’Oloron.
« On fait une belle saison, note l’arrière. On a perdu quelques matchs au début, mais de un point ou deux. Mais ça fait partie de l’adaptation au niveau. » A 27 ans, il semble avoir trouvé sa place. Ouvreur de formation, il joue également un peu au centre, mais est, le plus souvent, titulaire en fond de terrain.

« J’aime bien jouer au centre, avoue-t-il. Il y a plus de contacts. Mais, à l’arrière, ce qui est bien, pour quelqu’un qui aime relancer, comme moi, ce sont les espaces. On a plus de temps pour évaluer les situations. Mais c’est bien d’alterner, de temps en temps. »
Le rugby prend du temps et ça, Nicolas le sait bien. « Je remercie ma famille, qui me soutient depuis longtemps, sourit-il. Et, quand je joue, je pense toujours beaucoup à ma maman, disparue en 2015. Elle était ma première fan. » Dimanche, aux alentours de 15h30, il aura sans doute une pensée pour elle, au moment du coup d’envoi

