Après 21 ans de passion et de coups de pied précis, Grégoire Cuevas raccroche les crampons. Arrivé sur le tard dans le monde du rugby, il s’est pourtant imposé comme un buteur redoutable dans plusieurs clubs du Périgord et au-delà. Retour sur le parcours de ce joueur.
Des débuts tardifs mais une vocation trouvée
Grégoire commence le sport par le football, qu’il pratique pendant plusieurs années avec passion. Mais c’est en accompagnant son grand frère Brice à l’entraînement de rugby à Sarlat qu’il découvre un nouveau monde. « Il n’y avait que le jeu au pied qui m’intéressait, je n’aimais pas le contact », se souvient-il.
Il assiste aux entraînements pendant un an, sans vraiment penser jouer. Mais les coachs voient rapidement un potentiel dans ce jeune buteur en herbe : « Il faut faire du rugby, mon poulet ! » lui lance-t-on. Le déclic est là.

Un parcours riche entre Périgord et Quercy
Grégoire joue une première saison à Sarlat en Fédérale 2, avant de rejoindre Saint-Cyprien pour cinq ans. Il y côtoie des figures marquantes comme Eric Basano, Max Avezou et Jean-Michel Coste, « les meilleurs présidents que j’ai eu. Eric était une personne magique, vivant pour son club ».
Il poursuit sa carrière à Souillac pendant deux ans, y connaît une montée en Fédérale 3 et un quart de finale du Championnat de France, puis part à Gourdon pour une saison aux côtés de son ami Pierrick Genesson.

Mais son cœur reste à Saint-Cyprien, où il revient pour huit années supplémentaires.
Une fin de carrière mûrement réfléchie
Déjà l’an dernier, Grégoire envisageait de raccrocher. Mais son ami Alex Rolland, qui reprenait le rugby après 12 ans d’arrêt, le convainc de prolonger l’aventure. « Revenir après 12 ans, je lui tire mon chapeau », souligne-t-il.
Cette saison, les blessures (au mollet puis au biceps) et l’âge ont eu raison de sa détermination. « L’envie est moins là, et entre les blessures, l’âge et les enfants, il est temps d’arrêter. »
Place au Padel
Grégoire n’en a pas fini avec le sport. Il envisage de se lancer dans le padel : « J’ai besoin de faire du sport, je ne peux pas rester sans rien faire, et j’ai bien aimé. C’est un sport d’équipe ».
Il s’implique aussi dans la formation des plus jeunes, en donnant un coup de main aux entraîneurs U12 de Sarlat, où joue son fils Hugo. Son deuxième fils, Théo, joue quant à lui au football.
Un dernier match en fédérale
Son dernier match en Fédérale 3 reste un souvenir fort. Face à Saint-Sernin, Saint-Cyprien s’impose, malgré une saison difficile conclue par une descente. Mais la fin de match est tendu « Ça se chauffe un peu, puis ça part. Les présidents rentrent sur le terrain et se mêlent à la partie de chiffonnade », se souvient Grégoire.
« Je suis dans un club où les présidents ne veulent pas qu’on touche à leurs joueurs… Là, on peut voyager », analyse-t-il avec un sourire.
Une carrière riche en rencontres
Grégoire a croisé du beau monde tout au long de ses années rugby. Il se souvient notamment de son passage à Souillac, où il a eu la chance de jouer aux côtés de l’international tongien Suka Hufanga, célèbre pour avoir inscrit un essai face à l’équipe de France et à Vincent Clerc, au Stade de France.
Parmi les figures marquantes, il cite aussi Patrice Larenie, son meilleur entraîneur, aujourd’hui à la tête de l’équipe de Souillac. Et comment oublier Clément Bhian Poudec, le pilier du SCAC, qu’il décrit comme « une véritable force de la nature ».

Plus de 3000 points marqués, dont 2000 pour Saint-Cyprien !
Buteur redouté, Grégoire a inscrit plus de 3000 points au cours de sa carrière, dont 2000 pour Saint-Cyprien selon son entraîneur. Une performance rare, à l’image de la finale du terroir 2023 au Lardin, remportée face à Daglan aux tirs au but après un 28-28. Un match où… les 28 points du SCAC avaient été inscrits par Grégoire lui-même !
« On a fait une belle fête après », sourit-il.

Un homme de vestiaire, un héritage à transmettre
Avec son départ, une page se tourne. Qui prendra le relais pour réaliser le traditionnel selfie de la victoire dans les vestiaires ? L’avenir nous le dira. Mais une chose est sûre : Grégoire Cuevas laisse une trace forte dans le rugby périgourdin, faite de régularité, d’humilité et de passion.


