Le FC Limeuil, actuellement en Départementale 1, compte 230 licenciés pour une population d’un peu de 360 habitants. Au confluent de la Vézère et de la Dordogne, le foot est une affaire de familles.
230 licenciés pour 360 pèlerins recensés sur la commune, soit, grosso modo, deux tiers des habitants. Dire qu’à Limeuil, le club de foot est une institution tient de l’euphémisme. Un club qui fêtera ses 60 ans l’an prochain.
C’est Georges Richard qui, à l’époque, en était à l’initiative. Aujourd’hui, c’est Dominique, l’un de ses fils, qui en assure la présidence. « Ce qui fait la force de Limeuil, c’est qu’on a toujours une grosse école de foot, livre-t-il. Tous les dirigeants qui se sont succédé ont mis l’accent là-dessus. Les éducateurs sont, pour la grande majorité, formés. Et, comme des villages à côté n’ont plus d’école de foot, on a récupéré pas mal de gamins. »
Des joueurs dans un cocon
Et, il faut le dire, l’attachement au club n’est pas feint, du côté des seniors. Même s’ils vivent et travaillent à Sarlat, Périgueux ou Bergerac, les joueurs n’hésitent pas à venir s’entraîner et jouer au FCL. La preuve, Limeuil compte trois équipes seniors. « Ce qui est bien c’est que les anciens joueurs reprennent la formation, poursuit le président. Que ce soit au niveau des jeunes ou des seniors.«
En première, les entraîneurs Nicolas Monteil et Laurent Marty ont joué ici comme Bruno Hervé pour l’équipe B.
« Il y a un vrai attachement aux couleurs du club. »
Mais le président sait que tout cela reste fragile. Au plus haut, le FCL a évolué à ce qui correspond aujourd’hui à la Régionale 3. « On fait attention à tout, pointe le président. Le terrain est bien entretenu, l’éclairage peut convenir à des rencontres de N3… Quand les mecs arrivent, les maillots et les vestiaires sont propres, le terrain tondu, ils n’ont plus qu’à jouer. »
Un état d’esprit à conserver
Avec un budget de 80 000 euros, Limeuil fait figure de Petit Poucet au niveau des finances. Pourtant, il parvient à tirer son épingle du jeu. « La mairie ne nous accorde pas de subvention directe, détaille le dirigeant. Mais, en contre-partie, elle s’occupe de tout l’entretien du stade, ce qui est déjà énorme. Et, aucun joueur n’est payé. »
Un état de fait sans doute rendu possible par l’état d’esprit qui règne au club. Ici, on prend plaisir à jouer au ballon. D’ailleurs, on tâte le cuir de père en fils à Limeuil. Chez les Richard par exemple, Rémy le frère a joué, tout comme les neveux et les petits-enfants de Dominique qui portent encore le maillot. « De toute façon, ils n’ont pas le choix », plaisante Dominique.
Avant de poursuivre, plus sérieusement, « il y a un vrai engouement autour du club. Le dimanche, quand la première joue, il y a 130 ou 140 personnes au stade. » Ce côté amateur n’empêche pas les ambitions sportives.
Cette année, l’équipe fanion devrait finir “4e ou 5e”, estime le président. Mais si à l’avenir, une montée devait avoir lieu, elle serait acceptée par les dirigeants. Et pourquoi pas l’an prochain, pour les 60 ans? Voilà qui ferait un joli cadeau d’anniversaire.

