Chez les Biela, la moto n’est pas juste une passion, c’est une tradition. Très jeune, Romain suit naturellement les traces de son père. « J’ai fait de la moto avant même de savoir faire du vélo », plaisante-t-il. C’est à 3 ans, sur une petite 50cc, que tout commence.
La compétition dès l’enfance
À 6 ans, il goûte déjà à la compétition. Et il ne s’arrêtera plus. Les années passent, les circuits aussi, jusqu’à devenir champion de Ligue Nouvelle-Aquitaine de motocross en 2019, au guidon d’une 450cc.
Un rêve réalisé : Bercy
En 2014, grâce à une belle 10e place en championnat de France de super cross, Romain reçoit une invitation à participer au mythique Supercross de Paris-Bercy. Pour lui, c’est l’accomplissement d’un rêve de gosse : « Je la regardais tous les ans à la télé… Me retrouver là, au milieu des pros, des Américains, c’était fou. J’ai plus profité du moment que rechercher à faire une perf. »
Ce souvenir, il le classe sans hésitation comme le plus marquant de sa carrière.
Un retour progressif, mais déterminé
Comme beaucoup, le Covid a forcé Romain à lever le pied. Entre confinements et travaux de sa maison, le casque est resté un temps au placard. Mais à 36 ans, l’envie revient, intacte : « Les jeunes arrivent fort, mais je suis toujours là.»

Le week-end dernier, il l’a encore prouvé avec une belle deuxième place en compétition. Son objectif est clair : enchaîner les courses régionales et rester dans le rythme.
Enduro : un autre monde
« L’enduro, c‘est différent du motocross. Ici, pas de départs groupés, tu pars seul, il n’y a pas de bagarre pour passer en tête au premier virage. Ce n’est pas du tout la même intensité, c’est plus cool, plus accès sur de la gestion pour tenir sur un weekend complet. »
Les courses sont longues, parfois 450 km sur un week-end, à des années-lumière des 10 minutes intenses du supercross.
La première Grappe : un test grandeur nature
En 2022, le magasin Défi Moto à Bergerac lui propose de lui prêter une moto pour qu’il participe à la Grappe de Cyrano, une classique de l’enduro. Il accepte. Résultat ? 8e au classement général, juste derrière les pros, et 1er national dans sa catégorie.
Mieux encore : lors d’une spéciale tracée sur un ancien terrain de motocross, il passe devant tous les pilotes d’enduro, pros inclus.

Une course, une moto, un mois pour se préparer
Depuis, il a participé quatre fois à la Grappe, avec une constance impressionnante autour du Top 10.
La Grappe de Cyrano Unibeo commence Vendredi 2 mai, mais Romain n’est pas un enduriste à plein temps. « Je ne fais qu’une course d’enduro par an, et je n’ai pas de moto d’enduro perso. On me la prête un mois avant. »
Alors, pendant 30 jours, il optimise tout. Technique, repères, feeling. « C’est une autre manière de rouler. On passe dans les champs, y’a pas de traces. C’est glissant. Si je perd ne seconde par virage, ça fait beaucoup à la fin d’une spéciale. »
Un pilote qui prépare chaque détail
Chez lui, à Gaugeac, Romain a aménagé un petit tracé perso pour s’entraîner. Il y affine ses réglages, travaille son style, et se reconnecte à la machine. « Après, c’est à moi de faire le job. »

Le ton est posé. Romain Biela fera tout pour se rapprocher un maximum des pilotes élites, tout en prenant en expérience et en se faisant plaisir, notamment sur la spécial de Gaugeac, chez lui, devant famille et amis.

