Le soigneur de l’UA Vergt a commencé le rugby en 1972 sur le pré du stade Charles-Pestré. Depuis, il n’a jamais quitté son club de cœur et continue, tous les dimanches, de soigner les petits bobos.
Pas sûr que beaucoup de Vernois connaissent son prénom. Pour tous, il est Zézé. Pourtant, à Vergt, Jean-François Dessoudeix fait partie des meubles. « Ce surnom, il vient de mon père, explique-t-il. Il avait une petite chienne qui s’apellait Zézé. Lui se déplaçait à mobylette. Et la chienne était toujours devant. Alors les gens disaient, « tiens, voilà Zézé« , voilà comment est né ce surnom. » Un surnom transmis au fils, donc.
C’est en 1972 qu’il a, pour la première fois, poussé les portes du stade Charles-Pestré, pour ne plus jamais en repartir. « A l’époque, à Vergt, si on voulait faire du sport, il y avait le rugby ou le rugby, se marre Zézé. J’avais onze ans, ma première licence, c’était en minimes. » Une carrière de joueur qu’il a arrêtée à 34 ans.
Demi-de-mêlée du genre râleur, Zézé a tout connu avec l’UAV. Mais son meilleur souvenir reste sans conteste l’épopée en Coupe de France. « C’est Michel Donnadier qui nous entraînait cette année-là, se souvient-il. On avait sorti un club comme Angoulême. On perd en 64e de finale à la maison contre Saint-Médard et c’est dommage, parce qu’au tour suivant, ils ont pris Bayonne. » La montée en deuxième division fut aussi un grand moment, notamment la fête qui a suivi.
Toujours présent
Après avoir remisé maillot et crampons, Zézé n’a pas vraiment quitté le terrain. « Quand j’ai arrêté de jouer, les dirigeants de l’époque m’ont demandé si je ne voulais pas m’occuper de la B, se souvient-il. J’ai accepté. » Il a même entraîné l’équipe fanion, sur quelques matchs. « L’entraîneur est parti et j’ai pris la première pour six matchs », détaille Zézé. Toujours sur le banc, il est aujourd’hui le soigneur officiel du XV de la fraise. Un rôle qui lui va bien. Et, la semaine, il donne un coup de main lors des entraînements. Un engagement qui a été justement récompensé la semaine dernière. Le Vernois a reçu la médaille d’argent de la FFR de la part du président de la Ligue Nouvelle-Aquitaine, Michel Rechede. Mine de rien, ça fait 30 ans que Zézé est au club.
Une histoire de famille
Au-delà du plaisir qu’il prend, il en profite pour voir jouer Maxence, son fils. Après des exils à Brive, Trélissac, Périgueux et Bergerac, l’ailier est de retour à la maison. « Comme je suis sur le banc avec les entraîneurs, je prie pour qu’il ne fasse pas de connerie, se marre son père. Parce que j’entends tout ce qu’ils disent. Mais, dans l’ensemble, ça va. » A l’image de l’équipe, promue cette année en Fédérale 2 et actuellement 5e de sa poule. « C’est sûr qu’on aurait signé pour être à cette place à ce moment de la saison, avoue Zézé. Maintenant, rien n’est fait, on a encore trois gros déplacements à faire. » Paroles de sage.

